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Coronavirus : France Inter aussi broie du noir

30 mars 2020

Temps de lecture : 3 minutes

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Coronavirus : France Inter aussi broie du noir

Coronavirus : France Inter aussi broie du noir

L’OJIM en rend maintenant compte régulièrement : un léger frémissement semble toucher les médias français. Le ton des sujets changerait-il ?

La ques­tion se pose, et nous en avons déjà don­né deux exemples :

Nous sommes par­tis à la recherche du « média 0 », celui peut-être serait à l’origine de ce (léger) mou­ve­ment de (légère) prise de con­science des prob­lèmes de fond qui pèsent sur la société française, prob­lèmes que le coro­n­avirus fait mal­heureuse­ment éclater au grand jour. Serait-ce sur France Inter, le 20 mars 2020 ?

Gardons le titre pour la fin, il vaut son pesant d’or…

L’accroche : « En l’espace d’une semaine, les policiers ont mul­ti­plié les descentes dans des phar­ma­cies, para­phar­ma­cies et même des épiceries. Un com­merçant d’o­rig­ine chi­noise à Belleville à Paris était tou­jours en garde à vue hier soir. »

Que France Inter se laisse qua­si aller au « péril jaune », mode de pen­sée définit comme raciste la semaine d’avant sur tous les plateaux de télévi­sion quand Trump avait par­lé d’un « virus chi­nois », mar­que un évi­dent change­ment de ton.

France Inter veut mon­tr­er que des phar­ma­ciens ou des com­merçants en para­phar­ma­cie prof­i­tent de la sit­u­a­tion pour gag­n­er de l’argent en ven­dant des masques, plutôt que de les remet­tre aux soignants qui en ont besoin pour ne pas mourir. Le para­graphe le plus intéres­sant est celui-là :

« À Mar­seille, à deux pas d’un com­mis­sari­at, la phar­ma­ci­enne de Noailles fai­sait comme les vendeurs de cig­a­rettes à la sauvette du quarti­er : elle vendait des masques de pro­tec­tion sous le man­teau ; en l’occurrence, sous le comp­toir. C’est le jour­nal La Provence qui l’a révélé mer­cre­di : l’officine abri­tait une dou­ble caisse et la phar­ma­ci­enne, âgée de 50 ans, allait chercher des masques dans l’arrière-boutique. Ces masques ne fai­saient pas par­tie du stock prévu au départ pour les per­son­nels de san­té, qui en man­quent cruellement. »

En apparence, France Inter sem­ble vouloir mon­tr­er, comme à son habi­tude, que la délin­quance mas­sive ne relèverait pas en France de cer­taines eth­nies iden­ti­fi­ables mais aus­si de per­son­nes sup­posées inté­grées, comme cette phar­ma­ci­enne. Cepen­dant, le média n’y arrive pas, ne pou­vant retenir un « comme les vendeurs de cig­a­rettes à la sauvette du quarti­er » qui, eux, sont sub­sa­hariens et impor­ta­teurs d’un mode de vie exogène sur le con­ti­nent européen.

Le « 9 cube » au premier rang

France Inter ne parvient pas encore à qual­i­fi­er qui sont les prin­ci­paux délin­quants, con­traire­ment au secré­taire d’État à l’intérieur Lau­rent Nuñez qui, lui, sait qu’il n’est pas pos­si­ble de con­fin­er cer­taines pop­u­la­tions, la preuve par le 93 dont les cen­tres hos­pi­tal­iers ont été presque immé­di­ate­ment sat­urés, le con­fine­ment ayant été inex­is­tant d’emblée dans les cités du département :

« Selon le préfet de police de Paris, Didi­er Lalle­ment, des enquêtes se mul­ti­plient. Mais l’une de ces enquêtes, comme l’avait racon­té le jour­nal Le Parisien, avait com­mencé dès la semaine dernière après la décou­verte à Maisons-Alfort de 40 000 masques FFP2, de haute pro­tec­tion certes, mais périmés. Trois escrocs inex­péri­men­tés se sont fait pin­cer après qu’une voi­sine les a aperçus en train de décharg­er leur marchan­dise mal dissimulée. »

Il n’est cepen­dant pas dif­fi­cile de saisir qui peu­vent être des « escrocs inex­péri­men­tés » à Mai­son-Alfort. Par ailleurs, « les braquages se sont mul­ti­pliés en milieu hos­pi­tal­ier depuis le début de la crise sanitaire ».

France Inter ne par­le pas directe­ment de ce que cha­cun a pu voir à la télévi­sion, y com­pris sur TF1 ou France 2, ou enten­dre, y com­pris sur Fran­ce­in­fo, ou lire dans beau­coup de jour­naux : l’origine africaine des per­son­nes refu­sant le con­fine­ment, arrêtées pour traf­ic ou por­tant des masques, notam­ment dans les quartiers devenus qua­si africains du Nord de Paris.

Cepen­dant, et c’est la cerise finale sur le gâteau, le jour­nal­iste Emmanuel Leclère ou la rédac­tion de France Inter, n’ont pu, incon­sciem­ment, échap­per au réel : Le nou­veau marché très noir des masques de pro­tec­tion con­tre le coro­n­avirus. « Très noir »… Avec une telle expres­sion, France Inter ne pour­ra pas être nom­inée aux prochains Bobards d’or mais pour­rait bien obtenir le titre de « média 0 », comme le pre­mier con­t­a­m­iné était le « por­teur 0 ».

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