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Olivier Duhamel suite, l’onde de choc s’élargit

10 janvier 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Olivier Duhamel suite, l’onde de choc s’élargit

Olivier Duhamel suite, l’onde de choc s’élargit

Nous avons déjà présenté l’affaire autour d’Olivier Duhamel, que l’on pourrait qualifier pénalement de pédophilie incestueuse. Comme le dit Camille Kouchner qui a dénoncé les faits, à Saint-Germain-des-Prés tout le monde savait. Pas vraiment tout le monde mais beaucoup de monde.

Frédéric Mion, Sciences Po dans la tempête

Frédéric Mion est le directeur de Sci­ences Po, il avait suc­cédé à Richard Desco­ings lui-même décédé à New-York dans une sor­dide his­toire de mœurs (décidem­ment…). Après la pub­li­ca­tion des accu­sa­tions de Camille Kouch­n­er il avait assuré le con­seil d’administration de la Fon­da­tion Nationale des sci­ences poli­tiques (FNSP) qu’il n’était au courant de rien.  Publique­ment, il avait mar­qué sa « stu­peur, je suis sous le choc ». Un choc relatif puisqu’il avait été mis au courant en 2019 par l’ancienne min­istre PS Aurélie Fil­ipet­ti, famil­ière de la famille Duhamel. Que fait-il à ce moment-là ? Il va con­sul­ter l’avocat Jean Veil (fils de Simone Veil) l’associé d’Olivier Duhamel dans son cab­i­net. Jean Veil dément et l’ami Mion va dormir sur ses deux oreilles.

À la ren­trée 2020 des étu­di­ants de Sci­ences Po, Frédéric Mion présen­tait ain­si Olivi­er Duhamel (dont il con­nais­sait les agisse­ments depuis plusieurs mois) : « Vous êtes en de très bonnes mains (sic), celles du pro­fesseur Duhamel, que je m’honore à con­sid­ér­er comme un maître mais surtout comme un ami ». Depuis, Frédéric Mion explique qu’il n’avait pas « per­cuté », il prend la faute sur lui tout en se gar­dant de démis­sion­ner mal­gré le tol­lé. Pour le moment ?

Élisabeth Guigou tangue mais veut rester

Élis­a­beth Guigou, anci­enne garde des Sceaux, hiérar­que social­iste, fémin­iste branche caviar était à la fois des intimes de Dominique Strauss-Kahn et de la famille Duhamel. Au moment de l’affaire DSK, elle rel­a­tivi­sait. Dans un doc­u­men­taire de 2020 de Net­flix sur la même affaire elle con­fir­mait son scep­ti­cisme : « Pourquoi DSK aurait-il besoin de vio­l­er, c’est un homme intel­li­gent, séduisant, char­mant ? ».

Dans l’affaire Olivi­er Duhamel, en tant que Garde des Sceaux, elle avait dû fréquenter quelques juges et peut-être enten­du par­ler d’un début de dépôt de plainte sans suite en 2011 ? Ou se ren­dre compte en fréquen­tant le cou­ple Duhamel depuis longtemps de « l’atmosphère inces­tueuse » (expres­sion d’une jour­nal­iste du Monde) dans laque­lle baig­nait la famille ? Élis­a­beth Guigou est main­tenant prési­dente de la com­mis­sion sur l’inceste et les vio­lences sex­uelles con­tre les enfants. Un peu comme si on demandait à un bouch­er d’enquêter sur les méfaits du régime végétarien.

Dans L’Obs, l’an­ci­enne Garde des Sceaux assure avoir “décou­vert cette his­toire dans la presse cette semaine”. Ajoutant, “Le silence pen­dant des années de cette famille, que je con­nais, nous mon­tre com­bi­en il faut être courageux pour que ce tabou puisse être levé. Nous côtoyons tous des vic­times et des agresseurs sans le savoir, je ne fais pas excep­tion à la règle”, s’exonérant à bon compte de toute respon­s­abil­ité. San­drine Rousseau, mem­bre du Par­ti Europe Écolo­gie-Les Verts, a épinglé Élis­a­beth Guigou sur Twit­ter, le 5 jan­vi­er 2021 lui deman­dant de renon­cer à ses fonc­tions, « Il serait impor­tant, juste et noble de démis­sion­ner de cette com­mis­sion sur les vio­lences sex­uelles sur enfants. Bien sûr vous n’êtes coupable de rien mais vous êtes com­pro­mise avec trop”. L’ancienne garde des Sceaux s’honorerait cer­taine­ment en démis­sion­nant, il sem­blerait que ce ne soit pas le cas au moment où nous écrivons.

Coucou, revoilà Dany le pédophile

Incroy­able Daniel Cohn-Ben­dit. Ancien com­pagnon de Marie-France Pisi­er, la sœur d’Évelyne Pisi­er, elle-même mère de Camille Kouch­n­er, le monde est petit. N’importe quel homme poli­tique aurait été enseveli vivant sous l’opprobre après ses incroy­ables déc­la­ra­tions com­plaisantes à l’antenne d’Apos­tro­phes du 23 avril 1982, il était alors âgé de 37 ans, des pro­pos qui sont ceux d’un homme fait, pas d’un ado­les­cent provo­ca­teur comme il l’a pré­ten­du ensuite :

La sex­u­al­ité d’un gosse, c’est absol­u­ment fan­tas­tique, faut être hon­nête. J’ai tra­vail­lé, aupar­a­vant, avec des goss­es qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans com­mence à vous désha­biller, c’est fan­tas­tique, c’est un jeu éroti­co-mani­aque… ».

Une habi­tude récur­rente puisqu’il écrivait dans son livre Le Grand Bazar en 1975 alors qu’il avait 30 ans :

Il m’était arrivé plusieurs fois que cer­tains goss­es ouvrent ma braguette et com­men­cent à me cha­touiller. Je réagis­sais de manière dif­férente selon les cir­con­stances, mais leur désir me posait un prob­lème. Je leur demandais : Pourquoi ne jouez-vous pas ensem­ble, pourquoi vous m’avez choisi, moi, et pas les autres goss­es ? Mais s’ils insis­taient, je les cares­sais quand même.”

Il s’est ensuite excusé en par­lant « des lignes insouten­ables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd’hui sur la pédophilie, sur l’abus sex­uel ». Des abus sex­uels dont il a été l’auteur à moins que de se faire tripot­er les organes par des enfants de 4 ou 5 ans dont on a la garde ne soit con­sid­éré comme un geste édu­catif ?  

NB : Début sep­tem­bre 2018, Daniel Cohn-Ben­dit s’était vu pro­pos­er par Emmanuel Macron le min­istère de l’écologie suite à la démis­sion de Nico­las Hulot, il a refusé la propo­si­tion, déclarant au micro de RTL : “je n’ai pas vrai­ment envie de devenir min­istre, mais j’ai envie de soutenir Macron.

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