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Pour le New York Times, la décapitation de Samuel Paty est le signe d’une bavure policière

26 octobre 2020

Temps de lecture : 2 minutes

Accueil | Veille médias | Pour le New York Times, la décapitation de Samuel Paty est le signe d’une bavure policière

Pour le New York Times, la décapitation de Samuel Paty est le signe d’une bavure policière

Pour le New York Times, la décapitation de Samuel Paty est le signe d’une bavure policière

Cher NYT ! Un parangon du politiquement correct, un symbole toujours vivant, allant plus fort, plus loin, plus vite dans la désinformation au service de l’Empire du Bien. Le brave NYT vient de se surpasser en titrant de manière étonnante (ou le contraire) sur la décapitation de Samuel Paty par un islamiste.

Choisir un angle

Voyons, voyons, vous êtes un jour­nal mon­di­ale­ment con­nu, vous êtes recon­nu dans le monde libéral lib­er­taire comme un mod­èle poli­tique, cul­turel et économique, com­ment allez-vous traiter l’affaire du pro­fesseur français décapité avec un couteau de 35 cms pour avoir mon­tré à ses élèves cer­taines des car­i­ca­tures de Mahomet ? Vous devez trou­ver un angle. Celui du com­bat con­tre l’islamisme par exem­ple. Ou bien celui de la lib­erté d’expression. Ou encore celui des dif­fi­cultés de l’éducation ? Tous ces angles seraient légitimes.

La police responsable ?

Eh bien non ! Le rédac­teur en chef respon­s­able de l’Europe ou bien un secré­taire de rédac­tion ou le jour­nal­iste lui-même, nous l’ignorons, choisit un angle dif­férent. Dans un grand jour­nal comme le NYT un titre est pesé au trébuchet par la hiérar­chie et n’est pas choisi au hasard. Repro­duisons-le tel quel :

French police shoot and kill man after a knife attack on the street” (titre orig­i­nal de l’ar­ti­cle, mod­i­fié à plusieurs repris­es depuis par le New York Times) : « La police française tire et tue un homme après une attaque au couteau dans la rue »

Analyse sémantique

Reprenons les ter­mes du titre. Il y a eu une attaque au couteau (knife attack). C’est regret­table en effet, mais peut-être s’agissait-il d’un petit couteau, voire d’un canif ébréché. Cette attaque a eu lieu dans la rue (on the street), quoi de plus banal ? On ne sait rien de la vic­time, peut être légère­ment blessée ou fort heureuse­ment indemne ? L’agresseur a pu rater son coup et man­quer sa victime.

On ne sait pas tout sur l’agresseur, un homme (man), mais on sait quelque chose de sûr et cer­tain, il a été tué (kill) et il est mort de mort vio­lente (shoot), il a été abat­tu. D’où vient l’agresseur ? Quelles étaient ses moti­va­tions ? Qui a‑t’il attaqué et dans quelles cir­con­stances ? Le titre ne le dit pas. Mais le titre dénonce de manière explicite un coupable : la police française qui « tire et tue » (shoot and kill) un homme après une sim­ple « attaque au couteau dans la rue ». L’agresseur n’est plus l’auteur de la knife attack mais bien la police qui une fois de plus a sur­réa­gi et – comme aux États-Unis – a com­mis une bavure meur­trière. Une affir­ma­tion par mise en valeur d’une par­tie de la réal­ité (la police a bien abat­tu un homme) et l’occultation d’une autre par­tie de la réal­ité (la vic­time a été décapitée par un islamiste). Du grand art…

L’art et la manière : trans­former le réel, l’occulter par­fois, le trahir le plus sou­vent pos­si­ble, c’est une des mis­sions des médias de grand chemin. Pour la prochaine per­son­ne qui annone son admi­ra­tion béate pour le NYT, apprenez par cœur ce titre et deman­dez-lui ce qu’elle en pense…

Rechercher l’image du tweet du NYT impos­si­ble de l’inclure !

Voir également nos articles sur le New York Times

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