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Rassurez-vous, les émeutes de 2005 “ne se reproduiront plus”

23 avril 2020

Temps de lecture : 5 minutes

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Rassurez-vous, les émeutes de 2005 “ne se reproduiront plus”

Rassurez-vous, les émeutes de 2005 “ne se reproduiront plus”

Avec les médias de grand chemin, rassurez-vous, les émeutes de 2005 “ne se reproduiront plus”… Dans la nuit du 18 au 19 avril 2020, un jeune multirécidiviste que des policiers tentaient d’interpeller a été victime d’un accident de la route en moto à Villeneuve-la-Garenne. Il s’est blessé une jambe à cette occasion. Un accident comme il en arrive malheureusement des milliers par jour en France. Par contre, le fait que celui-ci se soit passé dans une banlieue de l’immigration et que la Police soit présente sur les lieux a suffi pour déclencher une vague d’émeutes dans la France entière.
Revue d’une presse réticente à en faire un phénomène national.

Comme nous le rela­tions dans un précé­dent arti­cle, les vio­lences urbaines étaient déjà nom­breuses dans les ban­lieues avant l’accident d’un jeune mul­ti­ré­cidi­viste à Vil­leneuve-la-Garenne dans la nuit du 18 au 19 avril, à l’occasion de son interpellation.

Sans atten­dre le résul­tat de l’enquête qui sera peut-être dili­gen­tée suite à la plainte du jeune con­tre les policiers présents sur les lieux, c’est une réponse beau­coup plus directe que de nom­breux voy­ous ont apporté à l’accident du jeune motard.

La Police veut faire son métier : un comble !

Il est vrai que les policiers mul­ti­pli­aient les provo­ca­tions : ils voulaient non seule­ment faire leur méti­er dans une zone de non droit, mais ils avaient égale­ment l’outrecuidance de vouloir inter­peller un jeune qui, selon un syn­di­cat polici­er, pour­ris­sait la vie d’habitants du quarti­er. Comble de la provo­ca­tion, les policiers s’obstinaient alors que le jeune motard, selon toute vraisem­blance, refu­sait d’obtempérer.

Il n’en fal­lait pas plus pour qu’un large mou­ve­ment de sym­pa­thie envers le jeune motard se man­i­feste dans la France entière. Des man­i­fes­ta­tions qui témoignent d’un réel élan de sol­i­dar­ité dans cer­tains ter­ri­toires où vis­i­ble­ment le droit ne s’applique plus.

En avez-vous enten­du par­ler dans les média de grand chemin comme d’un embrase­ment dans la France entière, lun­di 20 avril, mar­di 21 avril, mer­cre­di 22 avril, après trois nuits d’émeutes ? Peut-être pas, peut-être un peu, mais très dis­crète­ment au vu de l’ampleur des échauf­fourées dans de nom­breuses ban­lieues. Un recense­ment non exhaus­tif des « inci­dents » durant les nuits agitées du 19 au 20 et du 20 au 21 avril per­met de mesur­er l’étendue du phénomène.

Nuit du 19 au 20 avril

Les vio­lences urbaines après l’accident du jeune motard à Vil­leneuve-la-Garenne n’ont pas tardé. Elles ont con­sisté dès la nuit du 19 au 20 avril selon les lieux en voitures incendiées, jets de pro­jec­tiles con­tre les forces de l’ordre et autres réjouis­sances. Elles ont eu lieu à Aulnay-sous-Bois, Champigny, Créteil, Évry, Fach­es-Thumes­nil, Fonte­nay-sous-Bois, Gen­nevil­liers, Les Mureaux, Lille Sud, Mantes-la-Jolie, Neuil­ly-sur-Marne, Ronchin, Roubaix, Rueil-Mal­mai­son, Saint-Denis, Sartrou­ville, Suresnes, Toulouse, Ville­juif, Vil­leneuve-la-Garenne, Villepinte, Saint-Ouen, Wat­tig­nies, etc.

Nuit du 20 au 21 avril

Il était dif­fi­cile à des jeunes pleins d’énergie de s’arrêter en si bon chemin. Dans la nuit du 20 au 21 avril, tou­jours en plein con­fine­ment, des voy­ous com­met­taient de mul­ti­ples vio­lences con­tre les per­son­nes et les biens sur le ter­ri­toire. Par­mi celles-ci on peut citer :

Des jeunes qui « met­tent le feu à Ril­lieux-La-Pape », dans la ban­lieue de Lyon, selon Le Point.

« Feux de poubelles, voitures de police cail­lassées, policiers pris pour cible, abribus brisés, bâti­ments publics frac­turés, tirs de morti­er et de feux d’ar­ti­fice ».

À Belfort, un véhicule de police (est) incendié sur le park­ing du com­mis­sari­at selon France Bleu.

À Vil­leneuve-la-Garenne, les forces de l’ordre ont de nou­veau été la cible de tirs de mortiers d’artifice mais égale­ment de « bombes agri­coles » selon une source policière.

« La ten­sion s’étend en ban­lieue parisi­enne après l’accident de Vil­leneuve-la-Garenne » selon Le Parisien. Le quo­ti­di­en région­al précise :

« Tirs de mortiers et de feux d’ar­ti­fice, bar­rières de poubelles enflam­mées… Les échauf­fourées se mul­ti­plient entre forces de l’or­dre et habi­tants de cer­taines villes de ban­lieue après l’ac­ci­dent same­di d’un motard à Vil­leneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ». Le jour­nal men­tionne les villes d’Asnières, Nan­terre, Meudon, Cla­mart et Gennevilliers.

À Stras­bourg, « Des indi­vidus ten­tent d’incendier un bâti­ment abri­tant un poste de police aux cock­tails Molo­tov, en pleine nuit » selon Actu17. On pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples. On vous épargne égale­ment les nuits suiv­antes, de nom­breux sauvageons ayant trou­vé une occa­sion de se dis­traire nuitamment.

Dans l’édition du 22 avril du Figaro, un porte-parole du Min­istère de l’Intérieur déclarait : « À ce stade, les vio­lences demeurent néan­moins de rel­a­tive­ment faible inten­sité ». Le jour­nal­iste enchainait en faisant la com­para­i­son entre les émeutes actuelles et celles de 2005 :

« Au total, une cinquan­taine de villes ont con­nu des vio­lences depuis ce week-end. Pour mémoire, ce ne sont pas moins de 9 873 véhicules et plus de 300 bâti­ments, dont 17 lieux de culte, qui avaient été détru­its lors des trois semaines d’émeutes de 2005 ».

On aura com­pris que pour nom­bre de médias de grand chemin, la jauge est sin­gulière­ment élevée pour que des vio­lences urbaines dans une cinquan­taine de villes – à l’heure où nous écrivons ces lignes – fassent les gros titres des journaux.

Que nous disent ces violences au regard de leur couverture médiatique ?

On peut le voir sur Twit­ter, des jeunes de Vil­leneuve-la-Garenne ont été les pre­miers à apporter des témoignages sur les cir­con­stances de l’accident du jeune motard sur­venu dans la nuit du 18 au 19 avril. Un nom­bre impres­sion­nant de jeunes est venu filmer les policiers présents sur les lieux de l’accident avec des télé­phones porta­bles, sou­vent de façon provo­cante. Très rapi­de­ment, les images ont été dif­fusées sur les réseaux soci­aux avec des com­men­taires vic­ti­maires pour le jeune et vin­di­cat­ifs vis-à-vis de la Police. Les réseaux soci­aux se sont embal­lés, un emballe­ment soutenu par le « jour­nal­iste » Taha Bouhafs très suivi sur son compte Twit­ter et qui ne manque pas une occa­sion pour faire le buzz auprès de son « lec­torat » autant gauchiste que communautariste.

Le fait qu’à 18h30 le 19 avril, 237 000 tweets avec le hash­tag #Vil­leneu­ve­La­Garenne se soient échangés mon­tre la rapid­ité et l’ampleur de la cir­cu­la­tion des mes­sages dans les réseaux com­mu­nau­taristes. Cet échange mas­sif d’informations sans fonde­ment a déclenché dès la nuit du 19 au 20 avril de nom­breuses vio­lences urbaines avec force agres­sions con­tre des policiers et destruc­tions de biens (voitures, etc. ) qui appar­ti­en­nent autant à la Police qu’à des habi­tants des quartiers. Des habi­tants qui sont les témoins effarés de la dom­i­na­tion des racailles qui y vivent également.

Out­re l’importance des réseaux soci­aux, l’autre motif d’étonnement est la faible cou­ver­ture médi­a­tique nationale qu’ont don­né les médias de grand chemin à ces événe­ments. Une faible cou­ver­ture nationale qui a tout du men­songe par occultation.

Il est évi­dent que les voy­ous cherchent non seule­ment par réflexe trib­al à mar­quer leur ter­ri­toire, mais égale­ment à entr­er dans une com­péti­tion avec d’autres cités, que gag­n­erait celle qui se ferait le plus remar­quer. On se sou­vient que lors des émeutes de 2005, la com­mu­ni­ca­tion quo­ti­di­enne du nom­bre de voitures brulées par la pré­fec­ture de Police a été arrêtée, compte tenu de la com­péti­tion que se livraient dif­férents quartiers au plus grand nom­bre de « feux de joie ».

Il faut néan­moins le soulign­er, l’écueil dans l’euphémisation des vio­lences urbaines est qu’une par­tie de la réal­ité du pays est passée sous silence. On fait « comme si ». Depuis des décen­nies, on fait « comme si » la France était tou­jours le pays des droits de l’homme capa­ble d’accueillir la mis­ère du monde. On fait « comme si » il n’y avait pas plusieurs mil­lions de per­son­nes désœu­vrés dont cer­taines se livrent au traf­ic de drogue et autres rapines.

Alors « comme si » de rien n’était, on accueille encore et tou­jours plus d’immigrés chaque année. On fait « comme si » on allait régler les prob­lèmes des zones de non droit tou­jours plus nom­breuses en y déver­sant des sub­ven­tions. Comme celle par hasard annon­cée le 21 avril. « Comme si » cette vieille recette allait régler quoi ce soit.

Trou­ver la dis­tance juste dans la cou­ver­ture médi­a­tique de ces événe­ments n’est assuré­ment pas facile, mais à force de reculer, la chute n’est pas loin…

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